Chers fidèles lecteurs, chers nouveaux lecteurs,
De temps à autre, j’aime vous partager des extraits d’autres auteurs que notre cher Marcel Proust.
Si toutefois vous préféreriez ne pas les recevoir, il vous suffit de cliquer ici (sur votre compte Substack) et de décocher la rubrique “D’étoiles en étoiles”
Peut-être vous souvenez-vous de ce qui se cache derrière cette référence aux étoiles… Voici la phrase de Proust en question, issue de cet extrait :
Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est ; et cela nous le pouvons avec un Elstir, avec un Vinteuil, avec leurs pareils, nous volons vraiment d'étoiles en étoiles.
C’est d’ailleurs la citation que vous avez le plus imprimée via la boutique éphémère d’impression à la demande (jusqu’au 13 novembre). Et je vous en remercie !
Travailler sur un autre matériau que le texte de Proust me fait (re)prendre conscience des spécificités de celui-ci : si l’on entend dire que les phrases de Proust sont trop longues ou que le rythme est trop lent, en réalité, je trouve qu’il a besoin de peu de mots pour exprimer quelque chose de complexe ou de fin ; Proust a tellement de choses à dire, à montrer, à faire sentir ou à analyser, que son texte reste très dense malgré les contraintes de l’exercice qui m’oblige à le couper. Comme s’il était élastique, son texte peut se métamorphoser en un autre objet.
Ce phénomène est moins susceptible d’apparaître avec d’autres auteurs. J’ai découvert cela plus sensiblement l’année dernière en vous proposant 6 extraits de Virginia Woolf, issus de To the Lighthouse — livre très cher à mon cœur.
Au travers de la correspondance de Virginia Woolf parlant de La Recherche, j’avais tenté de mettre à jour un lien entre elle et Proust ici :
L’été dernier, j’ai lu Le sens de la vie d’Édouard Rod car j’ai été immédiatement attirée par la couverture du livre…
… et par l’impertinence de ces premières lignes :
Nous sommes las de l'Italie, des villes, des monuments historiques, des musées, des tombeaux et des églises, las des merveilles qu'on trouve marquées d'astérisques dans les guides, las d'être accaparés par les cicérone et sans cesse distraits de nous-mêmes par tout ce qu'il faut admirer. La fatigante chose que le génie de l'homme !
Auteur contemporain de Proust, j’ai été amusée d’apprendre qu’Édouard Rod était également un critique littéraire dont Marcel espérait les bonnes grâces…
Si le livre n’entrera pas dans mon panthéon littéraire, j’y ai trouvé de très belles pages que j’aimerais vous partager. Le texte supportant moins bien d’être taillé, les extraits seront de 200 à 300 caractères plus longs que les Pages de Proust.
Comme dans À la recherche du temps perdu, un narrateur masculin s’épanche, cette fois sous la forme d’un journal intime, au travers de thèmes très peu proustiens — en tout cas pour ceux que j’ai choisis — comme le bonheur en couple ou l’angoisse de devenir père.
À mercredi pour le premier extrait !
Sandrine





