Chers fidèles lecteurs, chers nouveaux lecteurs,
J’espère que vous avez passé un bel été !
Le mien a été plutôt studieux… Et j’ai eu une étrange lubie : je me suis mise à la recherche du sac en toile parfait. Comme cet objet est souvent utilisé dans un but publicitaire, je me suis demandée : qu’ai-je donc à dire au monde ?
Lire du Proust bien sûr !
C’est ainsi que j'ai eu envie de me fabriquer un sac en toile avec une phrase de Proust imprimée dessus.
Avec un cahier des charges exigeant :
confectionné dans une toile robuste
capable de transporter un ordinateur et quelques livres
sans étiquette apparente
d’une qualité propre à résister au temps et au lavage
Aidée par ma passion pour Proust, après quelques essais, je suis parvenue à un résultat satisfaisant :
Quelle joie de m’apercevoir, lors de mes déplacements en métro, que j’avais atteint mon but : des inconnus scrutaient les lignes imprimées et donc lisaient du Proust.
Ensuite, j'ai pensé que cela pourrait plaire à d'autres passionnés de Proust (comme vous peut-être), alors le cahier des charges s’est allongé. Il fallait en plus :
proposer une impression écologique
réduire tout gâchis
Aussi, j'ai créé une boutique éphémère qui vous permet de commander des sacs en impression à la demande.
Voici les 6 citations que j’ai choisies :
Vivre à ma guise :
Que de fois j’ai vu, j’ai désiré imiter quand je serais libre de vivre à ma guise, un rameur, qui, ayant lâché l’aviron, s’était couché à plat sur le dos, la tête en bas, au fond de sa barque, et la laissant flotter à la dérive, ne pouvant voir que le ciel qui filait lentement au-dessus de lui, portait sur son visage l’avant-goût du bonheur et de la paix. (Du Côté de chez Swann)
Le seul véritable voyage :
Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est ; et cela nous le pouvons avec un Elstir, avec un Vinteuil, avec leurs pareils, nous volons vraiment d'étoiles en étoiles. (La Prisonnière)
La Parisienne blême :
Quand Albertine revint dans ma chambre, elle avait une robe de satin noir qui contribuait à la rendre plus pâle, à faire d'elle la Parisienne blême, ardente, étiolée par le manque d'air, l'atmosphère des foules et peut-être l'habitude du vice, et dont les yeux semblaient plus inquiets parce que ne les égayait pas la rougeur des joues. (La Prisonnière)
La littérature :
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature. (Le Temps retrouvé)
Un grand éditeur :
Un grand éditeur de Paris venu en visite et qui avait pensé qu'on le retiendrait, s'en alla brutalement, avec rapidité, comprenant qu'il n'était pas assez élégant pour le petit clan. C'était un homme grand et fort, très brun, studieux, avec quelque chose de tranchant. Il avait l'air d'un couteau à papier en ébène. (Sodome et Gomorrhe)
Le goût du café au lait :
Le goût du café au lait matinal nous apporte cette vague espérance d'un beau temps qui jadis si souvent, pendant que nous le buvions dans un bol de porcelaine blanche, crémeuse et plissée qui semblait du lait durci, quand la journée était encore intacte et pleine, se mit à nous sourire dans la claire incertitude du petit jour. (Le Temps retrouvé)
Les citations sont imprimées tantôt en noir sur fond ivoire, tantôt en blanc sur fond noir au recto (le verso est vierge) et une petite madeleine est ajoutée à la fin du texte :
Jusqu’au 16 novembre, retrouvez la boutique éphémère ici : linkpop.com/unepageproust
Merci pour votre lecture et à demain pour une nouvelle Page de Proust — une que certains d’entre vous connaissent déjà bien mais que j’ai retravaillée à l’occasion de cette rentrée.
Sandrine



