Carte postale n°51
Extrait de À la recherche du temps perdu, tome 3 : le Côté de Guermantes
Elle était, en mangeant, maladroite de ses mains à un degré qui laissait supposer qu'en jouant la comédie sur la scène, elle devait se montrer bien gauche. Elle ne retrouvait de la dextérité que dans l'amour par cette touchante prescience des femmes qui aiment tant le corps de l'homme qu'elles devinent du premier coup ce qui fera le plus de plaisir à ce corps pourtant si différent du leur.
Les cartes postales proustiennes sont de courts passages, tendres ou amusants, que j’ai croisés en ciselant des Pages de Proust. Sans lien fort ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit, ils me font souvent penser à des petits poèmes en prose ou à des haïkus géants. Les Pages de Proust reviennent bientôt…


