Carte postale n°28
Extrait de À la recherche du temps perdu, tome 2 : À l'ombre des jeunes filles en fleurs
Dès que Mme Swann voulait me dire quelque chose qu'elle désirait que les personnes des tables voisines ou même les garçons qui servaient ne comprissent pas, elle me le disait en anglais comme si c'eût été un langage connu de nous deux seulement. Or tout le monde savait l'anglais, moi seul je ne l'avais pas encore appris et étais obligé de le dire à Mme Swann pour qu'elle cessât de faire sur les personnes qui buvaient le thé ou sur celles qui l'apportaient des réflexions que je devinais désobligeantes sans que j'en comprisse, ni que l'individu visé en perdît, un seul mot.
Qu’est-ce qu’une carte postale proustienne ?
Pour accompagner votre semaine lorsque la mienne est compliquée, il arrive que les pages de Proust deviennent des cartes postales. On ne sait pas quand elles arrivent et le contenu est souvent inattendu. Ce sont des petits extraits que j’ai trouvé intéressants mais trop courts pour en faire des pages. Sans lien fort ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit, ils me font penser à des petits poèmes en prose ou à des haïkus géants.
Chers fidèles et nouveaux lecteurs,
Dès demain, Une Page de Proust va reprendre son activité malgré une période toujours un peu difficile. J’espère revenir petit à petit à un rythme régulier mais en attendant, votre indulgence me sera particulièrement précieuse !
Bonne lecture,
Sandrine

